Compressé dans un vide absurde, insurmontable inquiétude
Qui vient ronger mon assurance, mon estime, ma certitude
Ne serait-ce qu'une minute, le temps d'une interlude
Qui n'a jamais souffert de cette solitude ?
Trop de remises en question, font de la question ma seule route
"Doute de ton pouvoir, tu donnes pouvoir à tes doutes"
Il faut pas trop penser, si t'as ce genre de penchants
C'est plus facile de s'y pencher, que d'en éviter les tranchants
Les doutes c'est comme l'insomnie, l'abus est dangereux
Mais qui ne les a pas écoutés, donné du temps un peu précieux
Déjà que l'anxiété commence à infiltrer mes yeux
Range cette part de folie, à trop douter, t'en deviens douteux
Range ta part de folie tant que tu le peux, car admettons
Que la joie et la raison soient ce qui est bon, c'est con
Mais ma tête est ma seule maison, mon bien le plus précieux
Mon paradis si je les prends, mon enfer si je n' le peux
Là où il pleut dans la tête, où ça attire la moisissure
Rares sont ceux qui coulent dans cette tempête, et qui en sortent plus durs
Aux nomades de l'intérieur, parce que ce qui est sûr
C'est que la folie, personne n'en revient sans blessures
Les mains qui compressent le crâne, et on reste sans comprendre
Pourquoi c'est sur soit qu'il y a, ce que la folie vient prendre
Les yeux fixés au sol, parce que le sol reste de cendre
Sans rendre, ce regard que chez les autres on engendre
Le regard de l'autre a le poids de l'enclume qu'est notre malaise
On stresse, y'a plus rien qu'on encaisse, on sait qu'y a plus rien de bon
Et on le cache aussi mal que ce pli sur le front
Dans le mensonge que tout va bien, on régresse à faire semblant
Mais les yeux sont fenêtre sur l'âme, et mon regard est absent
Celui des gens est comme une flamme sous l'oeil
Je ne veux pas me montrer en le clignant, alors je mets l'accent
Et l'humeur que je montres aux autres, en cache une à moi tout seul
C'est pas que la raison ne soit plus là, c'est pire, la raison me nargue
Car tu sais que tu la poursuis, car tu t'y rabaisses
Tête entre les mains à attendre, qu'apparaisse sa nouvelle vague
Sauf qu'au premier reproche, les nerfs décident que tu régresses
Et quand le calme revient, j'aimerais dire, à forte raison
Mes confidences à la mère, le père, le frère et les soeurs
Et là je m'rends compte combien le cerveau est ma propre maison
Car si tu n'y es pas au chaud, tu ne peux réchauffer les coeurs
Quel bonheur, les gens ont, ils s'rendent pas compte, de glisser à vie
Et quel malheur, de vivre à essayer
Quand dans la tête, un labyrinthe qu'on veut chassé s'est construit
Comme si tu ne reconnaissais plus chez toi, trop infesté
Les écorchures physiques sont voyantes et guérissables
A l'inverse de ça, je ne suis que trop fragile et périssable
Agile dans le mensonge, parce que à la recherche du Véritable
Et mourant de soif de cette raison insaisissable
Je pues de cette rupture que mes proches appellent cassure
Etant dans cette partie du crâne que l'humain normal rature
Là où les émotions sont dures et où le sensible sature
Seul avec mon ombre comme carrure et pas une ombrelle d'armure
Il a plu dans ma tête, et ça attire la moisissure
Rares sont ceux qui coulent dans la tempête, et qui en sortent plus durs
C'est pour les nomades de l'intérieur, parce que ce qui est sûr
C'est que la folie, personne n'en revient sans blessures...

